La tradition voulait que l’on désigne nos grands-parents par le nom de famille, dans mon cas: grand-maman Paquette, grand-papa Groulx, etc. Ce nom était lié directement avec l’ascendance, la lignée de famille. J’imagine qu’il en était ainsi de nos grands-parents envers les leurs.
Aujourd’hui, mes petits-enfants ne me nomment pas papi Paquette. Pour eux, je suis l’individu et le père de leur papa. Et lui, n’est pas Colin à Daniel à Gætan à Denis à John…Et leurs arrières grands-parents Larouche/ Hébert, toujours vivants) sont grand-maman Agnès et grand-papa Guy. La lignée n’est pas répétée chaque fois que l’on pense à chacune de ces personnes. P.e. je disais : «Je m’en vais chez grand-mâman Pâquette en fin de semaine.» Je trouve que cela sied bien à ma génération baby-boom et suivantes. Des générations qui se prénomment avant tout. Comme si chacun ne voulait pas porter le tribut des temps anciens…ni celui de ceux à venir. Et pourtant !
Oui je sais, j’ajoute des accents circonflexes. C’est qu'il y avait dans ma tête d’enfant des distinctions d’accent:
Grand-mâman Pâquette, grand-popa Pâquette, grand-papa Groulx, grand-pâpâ Tessier. Curieuse musique!
Celle qui faisait friser les oreilles de ma mère? Pâquette!
Honoré Tessier vient du coin de Calumet/Grenville, sur l’Outaouais.
Aurore m’a dit que jeune, son père a été draveur au pied de la rivière Rouge pour rassembler de grands radeaux de billots à être caboter vers le port de Québec. Mes neurones me sifflent qu’il aurait été boulanger dans cette localité avant de déménager à Ayersville.
Maison ancestrale des Tessier au 310, avenue Hamford, au coin de Ayers.
Sur l’acte de mariage de Denis et Aurore, il est inscrit comme charpentier comme son nouveau son gendre.
Aurore me disait qu’enfant, son père lui donnait quelques sous pour aller acheter Le Devoir l’autre bord de la track (voie ferrée) qui coupait le village en deux. Une grande responsabilité d’enfant !
Nous nous souvenons surtout qu’il fumait la pipe et qu’il avait son crachoir, consistant en un pot de chambre émaillé. Il était à un jet de sa berçante. Avec l’âge, on a rajouté du papier journal dessous pour les spits ratés, puis de plus en plus largement. Il est décédé du cancer en automne 1965.
Je me rappelle grand-mâman Pâquette comme d’une ricaneuse qui aimait bien jouer aux cartes : Richelieu avec moi et, aussi, avec ma grand-mère Groulx, mais surtout la fouine et le 500 en famille. J’entends encore ses cris de gagnante qui a bien descendu sa main, sa voix qui refait le parcours du jeu avec les si et les peut-être des autres joueurs. Et pas que d’une pièce à l’autre, mais aussi d’un camp à l’autre!
Quand j’étais pensionnaire au Séminaire Ste-Thérèse (Cegep Lionel-Groulx), j'aimais souvent mieux me rendre chez elle le week-end. Je prenais un lift avec mon prof de latin, M. Lauzon, un prof assez jeune pour avoir un bouton flamboyant sur le bout du nez. Il me laissait à St-Hermas et je continuais sur le pouce jusqu’à Lachute. Je m'improvisais chez les grands-parents sur la rue Ayers, sans gêne aucune. Je me savais toujours bien accueilli et j’ai joué en masse aux cartes. Dans la série Autres mœurs : À cet âge, je fumais déjà en cachette avec mes amis. Ma grand-mère semblait préférer la vérité et me fournissait une cigarette à la fois et du café. De l’instantané bien sucré et lacté. J’étais, à son avis, bien assez vieux pour ça. J’avais 12-13 ans. J'ai appris avec le temps que même si elle me disait : «Dis-lé pas aux autres, mais t’é mon préféré», elle disait pareil à chacun. Rions un peu, je vous dis pas les conséquences ! Tous les enfants nous l’aimions. Grand-mâman Pâquette ! Ma tante Aurore ! Notre préférée.
À cet époque, Mario travaillait à Gentilly et Lise demeurait avec eux. Mario me ramenait au collège en retournant au travail lundi matin, en me donnant toujours de l’argent pour ma semaine. Aurore est décédée le 16 septembre 1969 de sa 3e crise du cœur, seulement quatre ans après son père. J'avais 16 ans. Au salon, Mario m'a donné des sous avec lesquels j’ai acheté un paquet de cartes qu’on a déposé dans son cercueil.
La dernière maison des grands-parents sur la rue Ayers
Aurore Tessier
Grand-popa Pâquette appartenait à ces générations d’hommes de peu de mots. Lors de la construction du «club» de chasse et pêche, un bâtiment en billot long de 70 pi. et large de 28pi. j’étais monté avec lui sur le toit, curieux d’y voir de plus près. J’avais 9 ans. Mon père, toujours hyper craintif pour ses enfants (sauf en auto, mais c’est une autre histoire) m’avait ordonné de descendre de là. Son père a tôt fait de le rabrouer : laissez-lé don r’garder, y s’jettra en bas! Il m’aura fallu attendre l’époque du Bac-ku pour avoir quelques contacts avec lui. Particulièrement cette fois près du poêle à bois au camp de chasse. Il me disait en gros être heureux parce qu’il retirait son chèque de pension et qu’il n’avait plus à travailler dur. Il aurait pu aller au collège, mais il dit n’avoir pas voulu continuer les études. C’est aux écuries des Ayers qu'il occupe son premier emploi à 12 ans. Outre être lad, il s’occupe à l’entretien du terrain, des clôtures, fait les foins, etc. Gaetan me rappelait qu’à Noël ou au Jour de l’an, la famille rejoignait Denus au «pouvoir», c’est-à-dire le barrage qui fournissait l’énergie à la manufacture (tissage de couvertures en laine) et aux localités environnantes.
Notez que Denis se prononçait toujours Denus à l’anglaise et qu’il signait ainsi, Denus Paquette.
Chez les Paquette, nous disposons de la généalogie (Drouin) en deux volumes depuis la génération de mon père qui l’avait fait faire. Cette affiche a jadis orné un coin de mur au camp de chasse, comme on appelait ce qui était devenu le domicile de Mario qui a brûlé en 2019 maintenant de notre cousine Précillia, à la Montagne Noire (Ripon). Le ruban de masquage (masking tape) l’a malheureusement légèrement endommagée.
Denis Paquette
Une erreur est gravée à tout jamais dans la pierre de la stèle des Paquette à Lachute.
John Paquette n’est pas né en 1889, mais bien en 1874. Il s’est marié en 1898, donc pas à l’âge de 9 ans. Le graveur s’est-il mêlé dans ses papiers ? Je laisse cet énigme à votre imagination.
Notons que John est le surnom de Jean qui signait Jean (John) Paquette. Son père se nommait Pierre Paquet.
Ma question : où est donc inhumée l’épouse de John, née Joséphine D’Aoust ? Avec lui semble-t-il.
Cette stèle occupe le cimetière passé la polyvalente Lavigne de Lachute, sur la route 327 nord en provenance de Saint-André d’Argenteuil.
Tessier, Honoré
Naissance : 1878 - Décès : 1966
Lemay, Zaïde
Naissance : 1882 - Décès : 1948
Tessier, Dorina
Naissance : 1901 - Décès : 1975
Tessier, J. Alderic
Naissance : 1902 - Décès : 1985
Tessier, Aurore
Naissance : 1903 - Décès : 1969
Tessier, Valeda
Naissance : 1905 - Décès : 1978
Tessier, Claire (Clarenda)
Naissance : 1907 - Décès : 1981
Tessier, Laurent
Naissance : 1908 - Décès : 1971
Tessier, Omer
Naissance : 1911 - Décès :
Tessier, Lionel
Naissance : 1916 - Décès : 1994
Tessier, Georgette
Naissance : 1919 - Décès : 2005
Tessier, Claude
Naissance : 1923 - Décès :